Hélène Segara s'est offert 18 000 personnes pour sonner le début de l'été
15e NUIT DE L'ÉTÉ EN FÊTE |
La quinzième Nuit de l'été en fête, à Longuenesse, a tenu ses promesses. Des fans en folie, une foule monstre, venue, surtout, pour voir une Hélène Segara débordante d'amour.
Dès 20 h 30, il fallait les voir, tous ces gens, pressés contre les barrières. Des cadeaux aux pieds, pour Hélène, bien sûr. Et l'impatience, elle, guettait déjà les bords de scène. Mais avant de brandir les feuilles A 4, noircies de « On t'aime », Florianne Debesque avait la lourdecharge d'ouvrir la nuit, en interprétant I'm So Exciting. Dur dur de chauffer le public. Mais pour cela, ce sont les danseurs de Show Times qui s'en sont chargés. Ambiance french cancan, jupes à volant et string à paillettes. Impossible, avec cet attirail, de laisser le public insensible. Et comme la mode n'a pas de frontière, un soupçon de tektonik était indispensable. Deux danseurs, trente ans cumulés à eux deux, se sont démantibulés sur des rythmes électro, laissant cois les parents et ravis les ados.
21 h 35, le soleil décline et Alain Llorca et son Capitaine abandonné ont pris le relais. Des années 80, l'ex-bassiste de Gold a gardé la coupe de cheveux et les titres, qui visiblement n'ont pas pris une ride, vu que les plus âgés, n'ont pas hésité à lever les mains au ciel.
Une ambiance hors du temps a envahi le parterre de l'hôtel de ville. « On m'avait dit qu'il pleuvait souvent. Regardez je vous ai apporté le soleil du Sud ! » C'est qu'il ne manque pas d'humour, Alain Llorca. Innocemment, entre deux tubes, il souffle à son public devenu ami... « Quelqu'un sait qui gagne au match de foot ? » 1-0 pour l'Espagne, lui répond-on. Le voilà rassuré.
Pause. Le public s'éteint une poignée de minutes. Histoire de prendre son souffle avant d'appeler de tout son coeur « Hélèèèène ». Qui ne se fait pas trop prier. Et lâche, un « oh la vache », pas audible mais facilement lisible sur ses lèvres. Elle semble surprise par la foule - c'est que 18 000 personnes, ça ne passe pas inaperçu -. Au premier rang, les larmes coulent. Deux jeunes filles, douze ans tout au plus, lâchent la pression. Elles n'ont pas bougé depuis le début. Jusqu'à ce que leur Hélène entre en piste. Et c'est parti. Les appareils photos se hissent sous les étoiles qui pointent le bout de leur nez. C'est qu'elle en jette, Hélène Segara dans sa robe bustier, paillettes sur la peau, jusque sur les paupières. Une princesse quoi. Qui sait s'attirer les faveurs du public en lui tendant la main. Son duo avec Kris Willems, sur Vivo per lei , fera vibrer les foules. Les petits commencent à bailler. Sur scène, la princesse au micro dédicace ses chansons « à ceux qui ont une belle âme humaine. » Il commence à faire froid, les mamans concèdent qu'elle est belle, Hélène. Elle a changé de tenue, et navigue sur le plateau dans une robe blanche à traîne, pleine de voiles. Elle dit, en souriant « qu'on va finir par mourir d'amour ce soir ». La belle aura joué une heure et demi, provoqué mille et une émotions. Et laissé planer sur le site du parc de l'hôtel de ville une naïveté romantique brisée par le commentaire amusé d'une mamie ravie mais réaliste : « L'année prochaine, on prendra un manteau. » •